Vous voyez le scénario ? Vous recevez un petit boîtier pour suivre votre consommation en temps réel (ou vous voulez connecter un module de domotique) et on vous dit : « Branchez-le sur la prise TIC du compteur Linky ». Vous voilà devant le Linky, capot vert ouvert (parfois avec une clé Linky), à chercher le bon bornier… et vous tombez sur I1, I2. Là, forcément, vous hésitez : c’est bien ici qu’il faut brancher ?
On a eu le même doute. Parce qu’en cherchant, on lit tout et son contraire : téléinfo / télé-information, contacteur, heures creuses… et la question devient simple : I1 et I2, ça sert à lire des infos, à alimenter un appareil, ou à piloter quelque chose ?
Dans cet article, on remet tout ça au clair, sans blabla : à quoi servent les bornes I1 et I2 sur un compteur électrique Linky, comment repérer la TIC du compteur Linky (et la différence avec C1/C2), quel câble utiliser selon votre équipement, et quoi vérifier avant de brancher.
I1/I2, A, C1/C2 : qui fait quoi sur un compteur Linky ?
Sous le capot d’un compteur Linky, on voit plusieurs repères qui se ressemblent. Pourtant, ils ne servent pas au même usage : d’un côté la TIC (téléinfo), de l’autre le contact sec.
La TIC : I1/I2 pour les infos, I1/A pour l’alim
Les bornes I1 et I2 correspondent à la TIC : elles servent à transmettre des informations (dont des données de consommation) vers un appareil compatible : boîtier de suivi conso, gestionnaire d’énergie, passerelle de domotique, etc. Quand on vous dit “branchez-vous sur la prise TIC”, c’est généralement ce bornier-là.
Selon les modèles d’équipement, vous verrez aussi la borne A. Elle correspond à une alimentation prévue pour certains récepteurs. En pratique, certains appareils se contentent de I1 et I2, d’autres demandent I1/A en plus. Avant de poser un câble, vérifiez simplement ce que la notice indique (sinon, on se retrouve vite avec un branchement “qui a l’air bon” mais qui ne remonte rien).
Le contact sec C1/C2 : le “pilotage” (ex : chauffe-eau)
Les bornes C1 et C2 (parfois notées C1C2 ou c1c2) n’ont rien à voir avec la téléinfo. C’est le contact sec, utilisé pour du pilotage. Le cas le plus courant à la maison : commander un contacteur afin de faire fonctionner un chauffe-eau / ballon d’eau chaude sur les heures creuses, puis de l’arrêter en heures pleines.
Ici, prudence : selon l’installation, on peut avoir du 230V côté commande. Si vous n’êtes pas sûr de ce que vous avez sous les yeux, évitez de toucher aux fils déjà en place.
L’erreur fréquente : confondre TIC et contact sec (et ce que ça provoque)
La confusion typique, c’est de vouloir brancher un boîtier de suivi de consommation mais de se tromper de bornes, ou inversement de chercher une panne de contacteur (plus d’eau chaude, marche forcée, HC qui ne s’enclenche plus) en regardant du côté de I1/I2. Résultat : soit la téléinfo ne remonte pas, soit le chauffe-eau ne se déclenche plus comme prévu.
Si vous voyez déjà deux fils (voire deux câbles) raccordés, ne les déplacez pas “pour tester”. Faites une photo, repérez si vous êtes sur I1/I2/A ou sur C1/C2, puis identifiez l’appareil concerné. En cas de doute, mieux vaut un avis pro que de créer une panne.
À quoi servent i1 et i2 dans une maison (cas concrets)
Une fois qu’on a compris que I1I2 sert surtout à “faire parler” le compteur, tout devient plus clair : ce bornier est très utile pour suivre, comprendre et parfois automatiser… à condition d’avoir un appareil compatible derrière.
Suivi conso / capteur : domotique, afficheur, passerelle
C’est le cas le plus fréquent : vous raccordez un boîtier (type Ecojoko, ou autre capteur) sur la prise TIC et vous visualisez votre consommation en temps réel ou presque. Cela aide à repérer les pics, les appareils gourmands, et à mieux comprendre ce qui pèse sur la facture, sans dépendre uniquement de l’espace client de votre fournisseur.
Selon l’équipement, le raccordement peut être très simple (deux fils sur les bonnes bornes), mais il faut suivre la notice pour le bon type de câble et la configuration attendue.
Gestionnaire d’énergie / délestage : borne VE, gros consommateurs
Autre usage : le gestionnaire d’énergie qui surveille la puissance appelée et aide à éviter les disjonctions. C’est utile si vous avez plusieurs gros consommateurs, ou une borne de recharge, et que vous voulez limiter les pointes. Certains systèmes déclenchent du délestage via un délesteur ou des contacteurs au tableau.
Ici, la TIC sert à informer (puissance, état, éléments liés au contrat), mais l’action se fait via l’installation électrique. Ce n’est pas “le Linky qui pilote”, c’est votre équipement derrière.
Tempo / HP-HC : ce que la TIC apporte, et ce qu’elle ne fait pas “toute seule”
Pour heures creuses / HC et certains tarifs (dont Tempo), la téléinfo peut transmettre des informations utiles pour déclencher des scénarios (par exemple éviter certains usages en heures pleines). C’est pratique si vous combinez TIC + domotique.
En revanche, pour commander un appareil “en dur” (chauffe-eau, chauffage), on revient souvent au contacteur et parfois au contact sec C1 et C2. La TIC informe, votre installation exécute.

Des fils sont déjà branchés sur i1 et i2 : je fais quoi ?
Vous ouvrez le capot du compteur Linky et vous voyez déjà deux fils sur I1 / I1 et I2. Première règle : ne débranchez rien “pour voir”. Dans beaucoup de maisons, ce câble sert déjà à un équipement (suivi de consommation, passerelle domotique, gestionnaire d’énergie, etc.).
Commencez par identifier ce que c’est, sans toucher aux bornes. Prenez une photo du bornier, puis suivez le câble : il part souvent vers le tableau, un petit boîtier près du compteur, ou une interface installée lors d’un ancien montage.
Si vous ajoutez un module (capteur conso, domotique), évitez de mettre plusieurs conducteurs sous la même borne “parce que ça tient”. La solution propre consiste à déporter la connexion dans un petit boîtier de dérivation à côté du compteur : un seul départ depuis I1/I2, puis une répartition nette vers vos appareils.
Et si vous doutez, stoppez-vous. Capot scellé, fils que vous ne comprenez pas, mélange possible avec C1/C2, ou chauffe-eau/ contacteur qui ne suit plus les heures creuses : dans ces cas-là, un électricien évite la fausse manip.
Précautions et erreurs à éviter (pour ne rien griller, ni vous mettre en danger)
Avec un Linky, l’idée n’est pas de “bricoler au feeling”. Ne touchez pas aux parties scellées et restez sur ce que vous identifiez clairement. Si vous devez intervenir sur votre installation, coupez au disjoncteur avant toute manipulation de fils.
L’erreur la plus fréquente, c’est de confondre les borniers. I1I2 sert à la prise TIC (téléinfo, données). C1 et C2 servent au pilotage via contact sec (souvent lié au contacteur du chauffe-eau). Si vous n’êtes pas sûr d’être au bon endroit, ne testez pas “en déplaçant un fil”.
Enfin, évitez les branchements qui forcent. Un câble trop tendu, mal maintenu, ou une borne surchargée peut créer un faux contact. Faites simple, propre, lisible… et si vous devez ajouter un module, privilégiez une répartition dans un boîtier dédié plutôt que de charger le bornier du compteur.
FAQ
I1/I2 sur un Linky : c’est “sous tension” ?
Les bornes I1 et I2 correspondent à la prise TIC : on est plutôt sur une sortie d’information (et parfois une petite alimentation via A selon les équipements), pas sur une prise faite pour alimenter un appareil en 230V.
Cela dit, ne partez jamais du principe que “c’est sans risque” : si vous ne savez pas exactement ce que vous faites, évitez de manipuler des fils en place, et coupez au disjoncteur si vous devez intervenir sur votre installation.
Quelle différence entre I1/I2/A et C1/C2 ?
- I1 / I2 / A : c’est la TIC (téléinfo). On s’en sert pour lire des infos et des données de consommation via un appareil compatible (suivi conso, gestionnaire d’énergie, domotique).
- C1 / C2 : c’est le contact sec, utilisé pour du pilotage (souvent un contacteur pour le chauffe-eau et les heures creuses).
En clair : si votre objectif est “voir la conso”, vous cherchez plutôt I1I2. Si votre objectif est “faire s’enclencher quelque chose”, vous êtes plutôt sur C1C2 (ou sur le tableau via le contacteur).
Je peux brancher deux appareils sur I1/I2 ?
Techniquement, beaucoup essaient… mais ce n’est pas l’idéal de coincer plusieurs conducteurs dans la même borne du compteur. La solution propre, c’est de faire un seul départ depuis I1 et I2 vers un petit boîtier (bornier / dérivation), puis de répartir vers vos deux appareils avec des connexions adaptées.
C’est plus fiable, plus lisible, et vous évitez les faux contacts liés à un câble qui force.
Quel câble utiliser pour la prise TIC ?
Dans la majorité des cas, la TIC fonctionne avec deux fils : l’important est d’avoir un câble propre, stable, et adapté aux faibles signaux (souvent une paire torsadée). Beaucoup utilisent un câble type réseau (une paire) ou un câble téléphonique de qualité, mais le meilleur réflexe reste : suivez la notice de votre équipement.
Évitez surtout de faire courir ce câble n’importe comment dans le tableau, collé à des conducteurs en 230V, ou trop tendu : c’est là que les soucis apparaissent.
Mon boîtier (suivi conso / domotique) ne remonte rien : je vérifie quoi en premier ?
Commencez par le basique : êtes-vous bien sur la prise TIC (I1/I2) et pas sur C1/C2 ? Ensuite, regardez si les fils sont bien serrés, sans cuivre apparent, et si le câble n’est pas abîmé.
Deux points reviennent souvent quand “ça ne remonte rien” : la compatibilité (certains appareils attendent un mode de téléinfo précis, type TIC historique vs standard) et la configuration côté appareil (appairage, interface, passerelle). Si tout est correct côté branchement mais que rien ne vient, il peut être utile de demander un contrôle/activation ou un avis pro (Enedis ou électricien selon le cas), surtout si vous ne savez pas si la téléinfo est bien active sur votre compteur Linky.